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Livre
Quarante ans de cinéma tunisien – Regards croisés
(Format moyen, 270 pages, edition novembre 2006, à compte d’auteur)
Auteur :
Mahmoud JEMNI (Éducateur, Critique de cinéma, membre l’ATPCC)
L’oeuvre :
À l’occasion du quantième anniversaire des Journées Cinématographiques de Carthage (JCC) et de la réalisation du premier long métrage entièrement tunisien (« L’aube » de Omar Khélifi), Mahmoud Jemni a voulu, par ce livre, faire un large tour d’horizons des avis, sur le cinéma tunisien, des différents intervenants dans ce domaine.
Pour ça il a adresser une dizaine de questions, toujours les mêmes, à trente cinq personnes différentes. Allons de la placeuse jusqu’aux réalisateurs les plus connus, en passant par les producteurs, les techniciens, les acteurs, les critiques, les journalistes, les associations ou des cinéphiles avertis, l’auteur a essayé de dégager où en est ce cinéma, quels sont ses problèmes et quels cinéastes et quels films sont les plus marquants.
Préfacé par Naceur Sardi, critique de cinéma et membre de l’ATPCC, cet ouvrage contient aussi un avant propos de l’auteur, plusieurs photos des œuvres citées, ainsi qu’un annexe de plusieurs affiches de films tunisiens.
Préface par Naceur Sardi
" Si l'œuvre est une, les avis et les lectures sont pluriels ". Cet adage, qui coule de source, ne semble point avoir pignon sur rue en Tunisie ; puisque, alors que le nombre de films réalisés (longs, courts et amateurs) approche le millier, les écrits sur le cinéma se comptent sur les bouts des doigts. Et si nous exceptons Hédi Khelil, la majorité des critiques, journalistes, gens du cinéma et autres académiciens, se contentent souvent d'une ou de deux publications. Ceci est-il dû à une difficulté à théoriser des pensées et des analyses ? À une paresse intellectuelle ? A un désintéressement du cinéma ? Ou à la rareté des moyens, des encouragements et d'un public, pour ces écrits ? Est-ce l'état actuel du cinéma (films !) tunisien, avec toutes les suspicions qu'il suscite chez les gens du métier (dans son sens le plus large) et la désertion des spectateurs, décourage ces intervenants à s'intéresser à ce domaine ? Des questions auxquelles il n'est pas aisé de répondre en dehors d'une étude sérieuse, si nous ne voulons pas tomber dans des simples appréciations et des opinions stéréotypées qui ne cessent de revenir, depuis toujours, sur la scène du septième art local, sans vraiment faire avancer les choses. Cette quasi absence de traces écrites, associée au non accumulation d'un savoir faire au niveau de l'apprentissage, fait qu'il n y a pas de réelles références pour celui qui veut en savoir plus. Pour toutes ces raisons, la sortie de tout nouveau document abordant ce sujet est un événement qu'il faut estimer à la valeur de sa rareté, en premier lieu; ensuite, parce que c'est une victoire sur l'omission, l'oubli et l'indifférence. C'est dans cette perspective que le livre de Mahmoud Jemni " 40 ans de cinéma tunisien. Regards croisés " peut nous apporter les ébauches de certaines réponses. Cette publication brasse large puisqu'elle est structurée en questions élaborées par l'auteur, les mêmes pour tous les interviewés, et en réponses données par un éventail de protagonistes du cinéma tunisien. Ainsi, Mahmoud Jemni nous fait connaître les points de vue, sur les réalités du cinéma tunisien, de journalistes, critiques, cinéastes, producteurs, techniciens, acteurs, associations, enseignants, étudiants de cinéma, professionnels, amateurs et même simples cinéphiles. Tous vont parler de sujets aussi variés que : les problématiques exprimées dans les films tunisiens, la notion d'auteur, la dualité fiction/documentaire, les films et les cinéastes qui ont marqués l'histoire de ce cinéma,.... De 1966, année des premières Journées Cinématographiques de Carthage (JCC) et de la sortie du film " El Fajr " (L'aube) de Omar Khlifi (premier film fait entièrement élaboré par des tunisiens de l'après- indépendance), jusqu'en 2006, date d'un double " quarantième anniversaire ", plus de cent longs métrages, en plus des courts et des films amateurs, ont été réalisés en Tunisie. En dehors de débats informels et d'interventions qui se volatilisent après la fin de rencontres et autres tables rondes, nous ne possédons pratiquement que quelques données éparses pour savoir ce qu'on en pense ceux qui s'intéressent à cette activité artistique.
Mahmoud Jemni, qui a côtoyé depuis sa jeunesse l'univers de cinéma, de par sa passion, de part une cinéphilie toujours vivace, de part sa présence sur plusieurs tournages, de part son appartenance à l'Association Tunisienne pour la Promotion de la Critique Cinématographique (ATPCC), de part la publication de plusieurs articles sur des films, et enfin de part les trois films courts qu'il a réalisé en marge de son métier d'éducateur, va, peut être, permettre, à travers cet écrit, de dégager un petit peu de cette brume qui enveloppe ce secteur, ô combien primordial de nos jours, qu'est l'expression filmée.
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